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DISCORSO - SECONDO MANDATO

Discours du Président de la République italienne Giorgio Napolitano au Parlement européen


Strasbourg, 04/02/2014


1. Les épreuves les plus difficiles dans l'histoire de l'Union européenne

Me voici de retour dans cet hémicycle sept ans après l'hommage que j'ai voulu rendre au Parlement européen peu après mon élection à la présidence de la République italienne. Je profite de l'occasion qui m'est donnée par votre président de réitérer cet hommage, en le fondant sur des réflexions tirées des expériences récentes que nous avons tous vécues.
Au cours des sept dernières années, la construction européenne a été confrontée aux épreuves les plus difficiles de son histoire.

On a souvent pu observer que, depuis ses débuts, la communauté européenne s'est construite en traversant des crises qui ont fait leur apparition et ont été surmontées, mais il s'agissait pour la plupart de crises politiques affectant les rapports entre États membres de la Communauté. Contrairement à ce qui se passe depuis 2008, il ne s'est jamais agi de crises structurelles, de remise en cause de la capacité de croissance économique et sociale, du fonctionnement des institutions, de la base consensuelle entre les citoyens. Par conséquent, la poursuite de la voie sur laquelle nous nous étions engagés n'avait jamais été remise en question, et même radicalement remise en question. Mais tel est, en revanche, le contexte dans lequel nous approchons des élections pour le renouvellement du Parlement européen. Pour cette raison, j'estime que nous devons considérer la situation qui s'est créée - dans des mesures et sous des formes différentes selon le pays - comme un moment de vérité, qu'il faut affronter jusqu'au bout en tenant compte de toutes ses implications.

Il est tout à fait clair que la principale source du désenchantement, de la méfiance ou du rejet du projet européen et principalement du travail accompli par les institutions de l'Union, réside dans la détérioration des conditions de vie matérielles et sociales qui a touché d'importantes couches de la population dans la plupart des pays membres de l'Union et de la zone euro. L'élément symptomatique, qui résume l'ensemble des effets négatifs et traumatisants de la crise, est la montée du chômage, la hausse spectaculaire du chômage des jeunes.

2. Politique d'austérité et récession

C'est donc tout naturellement qu'une priorité s'est clairement dégagée du débat public et de la confrontation politique: un virage radical pour relancer la croissance et l'emploi que tous estiment souhaitable et indispensable. Une politique d'austérité à tout prix est considérée comme n'étant plus tenable. Celle-ci a constitué la principale réponse à la crise de la dette souveraine dans la zone euro en privilégiant des mesures drastiques visant à contrôler le ratio déficit-PIB, à rééquilibrer, à marche forcée, les finances publiques dans chacun des pays de la zone.
Et, en effet, face à une crise qui menaçait lourdement la viabilité financière des pays de la zone euro, l'on ne pouvait échapper à la nécessité de définir et de rendre contraignante la discipline budgétaire qui nous faisait gravement défaut depuis l'introduction de la monnaie unique. Par conséquent, vous avez - en tant que Parlement de l'Union - contribué à juste titre à la mise en place d'importants paquets de mesures destinés à établir un cadre contraignant de surveillance et de coordination des décisions budgétaires des États membres de la zone euro.

Ainsi, l'Italie a dû, ces dernières années, faire des efforts et des sacrifices considérables, étant devenue la cible de fortes pressions sur les marchés financiers visant les taux d'intérêts sur l'importante dette publique accumulée au cours des décennies précédentes. Mais même la nette amélioration à ce point de vue, constatée au courant de l'année 2013, ne saurait nous inciter à renoncer à notre engagement de réduire progressivement et sensiblement la dette, cette lourde charge que la classe dirigeante nationale ne saurait placer sur les épaules des jeunes générations.
Toutefois, les conséquences des importantes mesures de stabilisation, adoptées par l'Union et consacrée par les critères de Maastricht, ont eu des retombées d'une indéniable gravité: récession, chute du PIB et de la demande intérieure, notamment dans les pays auxquels les plus grands sacrifices ont été demandés. Et cela en dépit des choix courageux de la BCE pour contrer la spéculation sur le marché des emprunts d'État et pour injecter des liquidités dans les économies très éprouvées de la zone euro.

3. Un tournant au service de la croissance et de l'emploi

Le tournant que de nombreuses personnes espèrent aujourd'hui ne saurait par conséquent aller dans le sens d'une démagogie irresponsable ni d'une résignation face à la dette et aux déficits excessifs. Ce tournant doit prendre en compte le cercle vicieux qui s'est désormais créé entre les politiques restrictives dans le domaine des finances publiques et le recul des économies européennes, tiraillées entre les premiers signes de reprise et les risques de stagnation substantielle, voire de déflation.

Briser ce qui est justement devenu à bien des égards un cercle vicieux - et qui a inspiré à l'éminent professeur Claus Offe l'image d'une "Europe prise au piège" - s'impose, surtout quand on pense que toute une génération est laissée sur le bord de la route. Une reprise, si elle se caractérise par une croissance faible, et l'absence d'objectifs visant plus particulièrement les jeunes chômeurs, ne peut leur offrir que des emplois peu nombreux et de mauvaise qualité.
À cet égard, il nous faut en effet tenir compte des changements technologiques radicaux intervenus ou en cours, ainsi que de la rude concurrence avec de vastes zones économiques en dehors de l'Europe. Nous devons donc, lorsque cela n'a pas déjà été fait, réformer les systèmes de formation et le marché du travail, investir dans la connaissance, la recherche, et la préparation de la main-d'œuvre jeune aux nouvelles opportunités et formes d'emploi.

Une croissance soutenue et digne de ce nom nécessite certainement des réformes structurelles, mais elle exige en même temps une relance non seulement des investissements privés, mais également des investissements publics bien ciblés et au service de projets européens et nationaux. À cette fin, il est nécessaire - au-delà de la référence aux paramètres au sens strict du terme - de prêter davantage d'attention aux conditions réelles de la viabilité de la dette dans chaque pays et, à cet égard, pratiquer une ouverture suffisante en ce qui concerne les moyens et les délais nécessaires pour une rééquilibrage financier ultérieur.

De précieuses indications ont été apportées par le Parlement européen dans sa résolution détaillée, adoptée le 12 décembre dernier, laquelle s'inspire d'une idée de solidarité renouvelée au sein de l'Union et notamment de la zone euro.
L'Union bancaire, lancée déjà en juin 2012 par le Conseil européen, une capacité adéquate du budget de l'Union fondée sur des ressources spécifiques propres, de fortes règles de coordination des politiques économiques nationales, à même d'assurer une cohésion croissante entre les économies des États membres: ce sont là quelques-uns des éléments figurant dans votre résolution dans le cadre d'une relance de la stratégie d'"intégration différenciée", qui met particulièrement l'accent sur une coopération renforcée dans le domaine des politiques économiques et sociales. La résolution met également l'accent sur les potentialités encore inexploitées des traités existants ainsi que sur les conditions de modification éventuelle de ces mêmes traités.

4. Un profond changement dans la manière d'être et d'agir de l'Union européenne

C'est donc un profond changement qui se dessine dans la manière d'être et d'agir de l'Union européenne. Les citoyens-électeurs ne sont pas confrontés à un choix trompeur entre, d'une part, une défense rhétorique et usée d'une Europe qui a montré de graves lacunes et errements sur la voie de son intégration et, d'autre part, une agitation destructrice contre l'euro et contre l'Union. Oui, purement destructrice, même si elle se dit au service d'une "autre Europe" censée naître des ruines de celle que nous avons connue. Non, ce n'est pas en ces termes-là que le choix doit se faire.

Il est vrai que, face à une crise financière, économique et sociale dramatique, les institutions européennes ont réagi avec difficulté, faisant preuve de trop d'hésitations, de désaccords et de lenteurs, mais il est tout aussi vrai qu'elles ont réagi pour rectifier les comportements passés.
Le président Draghi a refusé, lors d'une conférence à Berlin en novembre dernier, l'idée que l'on puisse parler d''une décennie perdue". Les pays de la zone euro ont été amenés - selon ses termes - à "utiliser la deuxième décennie d'existence de l'euro pour corriger les erreurs de la première". Il n'y a dans ces paroles nulle trace de rhétorique, mais simplement une prise de conscience claire et autocritique.
L'euro a représenté une innovation de valeur historique. Toutefois, elle est restée inachevée et privée de compléments essentiels pendant de trop nombreuses années; ce qui ne peut s'expliquer que par des replis anachroniques et des retranchements nationaux dans des domaines qui, après l'introduction de l'euro, ne pouvaient continuer de relever de la souveraineté nationale.

La gravité de la crise a vaincu beaucoup de résistances et donné une forte impulsion en faveur d'une plus grande intégration. Toutefois, en ce qui concerne la méthode et le cadre juridique dominants, il ne fait aucun doute que l'on a agi sur la base de décisions intergouvernementales et d'accords internationaux, en dehors de la voie communautaire. Et il faudra que nous réussissions, conformément à la demande du Parlement et au "pacte budgétaire", à "introduire la gouvernance d'une véritable Union économique et monétaire dans le cadre institutionnel de l'Union". La question d'une légitimation démocratique renforcée du processus décisionnel au sein de l'Union en dépend; une question qui a pris une tournure grave dans la perception générale, politique voire technique, de l'opinion publique, contribuant ainsi à la propagation chez les citoyens d'un phénomène de détachement et de méfiance à l'égard des institutions européennes.

5. Assurer la légitimité démocratique à l'aide de nouvelles évolutions institutionnelles et politiques dans la vie de l'Union européenne

Ce que je veux dire est que la crise de consensus de la part des citoyens, qui pèse sur l'Union européenne et le processus d'intégration, reflète le poids du malaise économique et social que l'Union n'a pas su éviter. Elle reflète aussi le poids de graves lacunes politiques, sous des formes diverses, sur le plan de l'information et de la participation des citoyens à l'élaboration des orientations et des choix de l'Union. Le changement à proposer à l'électorat doit donc aller au-delà des politiques économiques et sociales. Tout comme il faut aller plus loin pour relever le défi lancé par des forces qui nient et s'opposent au dessein de l'intégration européenne, dans sa continuité et dans son renouvellement nécessaire et possible. Une nouvelle ère de croissance économique, viable de tous les points de vue, est indispensable pour rétablir la confiance; toutefois, elle ne pourra garantir la légitimité démocratique du processus d'intégration qu'accompagnée de nouvelles évolutions du point de vue institutionnel et politique dans la vie de l'Union.

Je pense que ceux d'entre nous qui croient en la cause d'une Europe unie, peuvent se préparer à la confrontation électorale avec sérénité et confiance, car ils sont porteurs de changement, surtout s'il est redonné à la conception que nous défendons et à notre expérience toute leur dimension, toute leur richesse, après les avoir vues dominées, dans la période récente, par une version réductrice, économiste, fortement marquée de technicité. La vision devenue floue - et qu'il faut relancer avec vigueur - est celle d'une construction qui a duré un peu plus d'un demi-siècle, la construction non seulement d'un marché commun et d'un espace de coopération économique, mais également d'une communauté de valeurs, et avec elle d'une communauté de droit, complexe et organisée, au nom de la liberté et de la démocratie. Les horizons du projet européen n'ont cessé de s'élargir, traçant les contours d'une vision commune et d'une capacité d'action européenne dans le domaine des relations internationales ainsi que de la défense et de la sécurité.
Le terreau de cette construction sans précédent a été la conscience du partage d'une très riche culture commune; une conscience fortement ressentie lors de l'adieu de l'Europe à un ardent défenseur de ses valeurs: M. Claudio Abbado.

6. Rien ne pourra nous faire revenir en arrière

De tout ce qui précède, j'en conclus que les fondations de la construction européenne sont désormais si profondes, qu'il existe une interaction et une interpénétration si fortes entre nos sociétés, nos institutions, nos forces sociales, les citoyens et les jeunes de nos pays, que rien ne pourra nous faire revenir en arrière.
Le discours de ceux qui entendent balayer d'un revers de la main ce que nous avons construit au fil des décennies précédentes, depuis l'Europe des 6 jusqu'à l'Europe des 28, n'est donc qu'une coquille propagandiste vide et invraisemblable. Comment peut-on évoquer la "fin du rêve européen" en faisant valoir qu'il serait peut-être possible de l'éviter en abandonnant l'euro pour sauver l'Union? Certains font une analyse d'une simplicité désarmante de la faisabilité et des conséquences traumatisantes de cet abandon. Je ne vois pas où il serait possible de pratiquer un échange aussi improbable ni avec quelles garanties.

En effet, en dépit de la multiplication ces dernières années des prédictions apocalyptiques sur l'imminent effondrement de l'euro, les institutions de l'Union et les dirigeants politiques nationaux les plus clairvoyants ont bien compris que pour protéger le projet européen dans son intégralité il est indispensable de défendre l'euro. Il était néanmoins nécessaire de faire le bilan des erreurs commises et attribuables, à voir de près, à l'affaiblissement de cette volonté politique commune qui avait permis ce saut en avant et qui aurait dû présider à toutes les étapes successives de l'intégration européenne, de concert avec les processus de la réunification allemande et de l'élargissement de l'Union.

7. Anciennes et nouvelles motivations rationnelles et émotionnelles du projet européen

Si ce que nous vivons aujourd'hui et qui se manifestera lors de l'imminente campagne électorale est - ainsi que je le disais au début - un moment de vérité pour la cause de l'unité et de l'avenir de l'Europe, alors la condition décisive du succès sera une nouvelle volonté politique commune, plus forte et plus déterminée, capable de transmettre au plus grand nombre de citoyens les raisons historiques ainsi que les nouvelles motivations du projet européen. Une transmission rationnelle et émotionnelle: il doit s'agir d'un message de passion, profondément ressenti, comme celui qui nous a été communiqué par les images historiques de ces dernières décennies: celle, par exemple, de François Mitterrand et d'Helmut Kohl se tenant par la main qui rendent hommage aux soldats tombés lors de la terrible bataille de Verdun pendant la première guerre mondiale.

On a écrit que ces "deux grands Européens étaient imprégnés du sens tragique de l'Histoire", d'où leur européisme, qui a abouti à l'accord sur la réunification de l'Allemagne et sur la monnaie unique. Mais ce même sentiment a "imprégné" tous les pères fondateurs de l'Europe communautaire, signataires de la déclaration Schuman en mai 1950 et partisans de la perspective d'une Fédération européenne.
Je n'ai jamais craint que, dans le passage des responsabilités politiques et gouvernementales aux générations suivantes, il pût y avoir une dissolution de l'inspiration, de la conscience, de la volonté politique commune européenne, ayant culminé dans l'unification du continent fondée sur la paix et la liberté. Toutefois, c'est de la non-dissolution de ces éléments et de leur possibilité de reprendre de la vigueur dans un contexte différent et nouveau dont il faut à présent donner la preuve ultime.

Bien entendu, les motivations du projet européen ont changé, mais elles peuvent être tout à fait parlantes pour les Européens de ce siècle, pour les Européens du monde d'aujourd'hui.
Hier, l'idée de mettre fin aux nationalismes économiques et politiques, sources de conflits mortels, était un ressort puissant pour conquérir le consensus sur la cause de l'unité européenne. Mais, aujourd'hui, l'idée d'enrayer le déclin de notre continent, de ce qu'il a représenté dans l'histoire, pourrait s'avérer un ressort tout aussi puissant. Dans son ensemble, l'Europe a rapetissé par rapport aux autres continents du point de vue du poids démographique, de la puissance économique, du rôle joué dans l'équilibre mondial; mais, si elle réussit à réunir toujours davantage ses forces, elle pourra continuer d'apporter sa contribution particulière à l'évolution historique et à l'avenir de la civilisation mondiale.

La mission nouvelle et exaltante d'une Europe unie est celle de faire vivre, face à une mondialisation qui risque de nous submerger en tant que nations européennes, notre identité historique, notre patrimoine culturel unique, notre exemple et notre modèle d'intégration supranationale, de communauté de droit et d'économie sociale de marché.
Pour que cette mission soit partagée par les peuples de notre Union et puisse être menée à bien, il faut une cohésion politique européenne plus forte, ainsi qu'une leadership politique européenne plus convaincue et plus déterminée. Il y a très exactement trente ans, ici à Strasbourg - permettez que je vous le rappelle - Altiero Spinelli a réussi, avec le projet de traité qui porte son nom, à faire en sorte que le Parlement européen exprime cette capacité de leadership. L'opportunité n'a pas été saisie alors, mais son inspiration constitutionnelle a continué à vivre et à compter. Et ce parce qu'il est vrai que son idée d'une Europe fédérale n'avait rien à voir avec le spectre d'un super-État centralisé agité par les uns et les autres. Un long chemin a donc été parcouru depuis 1984. Mais de rudes batailles politiques doivent encore être livrées, si ce n'est contre un éventuel retour des nationalismes agressifs, du moins contre les mesquineries et les égoïsmes nationaux persistants, contre les étroitesses de vue, les calculs d'intérêt, les conservatismes anachroniques, dont font preuve chaque jour les classes dirigeantes nationales.

8. La "vision à long terme": une politique européenne, un espace public européen

Helmut Schmidt a récemment fait observer le manque de "vision à long terme" de trop nombreux dirigeants européens, qui serait imputable à une prise de conscience insuffisante du déclin qui menace l'Europe. Les pères fondateurs et bâtisseurs de l'Europe communautaire n'étaient pas seulement "imprégnés du sentiment tragique de l'Histoire", ils étaient également porteurs d'une vision audacieuse et réaliste de l'avenir. Mais son inspiration ne pourra venir aujourd'hui, comme dans les années à venir, que d'une politique devenue enfin européenne. Alors que jusqu'à présent, sur un continent aussi interconnecté que le nôtre, la politique est restée nationale, avec ses limites fatidiques et ses appauvrissements diffus.

Une politique européenne, un espace public européen, des partis politiques européens, que serait alors cette union politique dont il est question, si l'on ne faisait vivre à l'échelon européen la confrontation politique démocratique, la concurrence entre les différents courants d'idées et les forces politiques organisées? Il est là le grand saut en avant à accomplir et à l'égard duquel le Parlement et les députés européens ont tant de choses à dire, en étroite collaboration avec les parlements et les députés nationaux, afin de toucher des masses plus larges de citoyens, de les faire participer politiquement de manière plus active et plus éclairée à la construction d'une Europe plus unie, plus démocratique, plus efficace.

Au sein de ce Parlement, le noyau originel et vital des partis politiques européens est déjà à l'œuvre. C'est ici qu'il est possible d'être à l'écoute des plus grandes sensibilités et compétences sur lesquelles fonder un message politique en faveur d'un gouvernement européen à partager avec les citoyens, au-delà des langages codés et des technicités complexes des institutions de l'Union. Elle est entre vos mains, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, la tâche qui consiste à donner naissance et à amplifier la dimension politique de l'intégration européenne, dans la nouvelle phase de développement qui s'ouvre à elle.